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Traduction-adaptation française de l'original en espéranto d'Ulrich Matthias

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4.5. L’attitude des autorités religieuses ou des personnalités spirituelles face à l’espéranto


Le chapitre précédent a essentiellement traité de l’engagement des pasteurs et des laïcs en faveur de l’espéranto. Portons maintenant notre attention sur l’attitude des hauts dignitaires des Églises et de quelques personnalités marquantes de la société civile vis à vis du mouvement espérantiste.

4.5.1. Les papes

Dès 1931 la publication allemande Lexikon für Theologie und Kirche "Dictionnaire de théologie et d’ecclésiologie" (xxvi) terminait son article consacré à l’espéranto par ces mots :

≪Les papes, depuis Pie X (et beaucoup de cardinaux et d’évêques), soutiennent le mouvement espérantiste, qu’ils ont accueilli avec faveur≫.147

De fait, au cours du 20ème siècle, si l'on excepte le trop court pontificat de Jean Paul 1er, les sept autres papes, Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II ont manifesté leur approbation pour l’activité des espérantistes catholiques.148 A partir du début des années 1930 la page de garde d’Espero Katolika (n) a régulièrement porté la mention :

≪Publication honorée de la bénédiction apostolique du Pape Pie X, 27 juin 1906, du Pape Benoît XV, 20 août 1920 et du Pape Pie XI, 11 octobre 1924.≫ 149

Ces bénédictions et les autres sont explicitées aussi par les numéros d'Espero Katolika de ces mêmes époques.150

De 1906 jusqu’à sa mort, en 1914,151 le Pape Pie X accorda chaque année sa bénédiction à Espero Katolika et aux espérantistes catholiques. Par ailleurs, il s’exprima au sujet de l’espéranto lors de quelques audiences. Le 4 avril 1909 il dit au frère Isidore Clé, pionnier espérantiste et directeur de l’institut des aveugles de l’Église de Belgique :

≪l’espéranto a devant lui un grand avenir≫ 152

Il existe aussi d’autres citations, dont on ne trouva les références qu’après la mort de ce Pape et qui ne révèlent rien ni de l’époque ni des circonstances au cours desquelles elles furent prononcées, ce qui peut éventuellement remettre en cause leur authenticité. Ces citations, sous forme de variantes diverses, sont encore et toujours reprises dans les médias catholiques et plus souvent encore dans les publications des espérantistes non catholiques, c’est le cas par exemple des propos suivants, attribués au même Pie X :

≪Je vois dans la langue espéranto un moyen valable pour entretenir un lien entre les catholiques du monde entier.≫ 153

Vu la grande sympathie manifestée par Saint Pie X pour les espérantistes, on peut supposer que cette phrase reflète bien son opinion. Mais on ne peut avoir la même certitude pour la citation que l’on prête à Pie XII :

≪Je prédis à l’espéranto, dans l’avenir de la civilisation, une place semblable à celle du latin au Moyen Âge≫ 154

Le 19 mai 1964, le Pape Paul VI reçut en audience une partie de la direction de l’IKUE. Selon le P. Alfons Beckers, prêtre belge, le Pape :

≪manifesta un vif intérêt pour le mouvement espérantiste catholique. Il reconnut l’utilité et même la nécessité de l’espéranto et il souligna qu’il voulait soutenir une langue qui rend possible l’intercompréhension entre les peuples, en favorisant l’harmonie et la paix.≫155

La première intervention d’un Pape au sujet de l’espéranto enregistrée dans la revue du Vatican L’Osservatore Romano émane de Paul VI. Au cours de l’année sainte 1975, le 36ème congrès de l’IKUE se tint à Rome. Dans le cadre de l’audience générale sur la place St-Pierre, le 13 août 1975, Paul VI présenta ainsi les groupes présents :

≪Un autre groupe international, que je vous présente plus particulièrement, est celui des participants du congrès international des espérantistes catholiques. Voyez, ils arborent la drapeau vert, qui est le symbole de l’espérance, ce sont les espérantistes.≫ 156

Et il s’adressa aux congressistes en langue italienne dans les termes suivants :

≪Nous ne voulons pas terminer cette partie de l’audience sans adresser nos salutations et nos souhaits aux participants du 36ème congrès des catholiques espérantistes. A vos objectifs culturels particuliers vous voulez ajouter une note religieuse d’une grande délicatesse entrant dans l’esprit du jubilé qui, s’adressant à tous les hommes de bonne volonté, leur parle de renouveau, de conversion, de l’importance de retrouver le contact avec le Dieu qui aime et qui pardonne. Que cet esprit vous guide dans l’exhortation à la fraternité et à l’intercompréhension entre les peuples et les différentes langues que vous voulez favoriser selon le programme qui vous est propre. Tel est notre vœu sincère, que nous tenons à marquer plus spécialement en vous accordant notre bénédiction apostolique, en soutien aux dons du Seigneur.≫ 157

Deux ans plus tard eut lieu le 37ème congrès, celui de Częstochowa déjà mentionné, sous la haute autorité protectrice du P. Karol Wojtyła, cardinal archevêque de ce diocèse et futur Pape Jean Paul II, qui dans son message d’accueil aux congressistes, écrivit :

≪Comme Jésus-Christ pria pour l’unité de ses disciples (Jean 17,11), je prie, moi aussi, au nom de Jésus-Christ, à votre intention. Qu’une seule foi et un seul amour vous aident à réunir le monde désuni en un seul troupeau d’un même Pasteur. Que la langue supranationale, l’espéranto, serve efficacement ce noble but.≫158

Le P. Wojtyła accepta la proposition de célébrer la messe en espéranto avec l’approbation spéciale du Pape Paul VI,159 mais, au dernier moment, la sépulture de l’archevêque de Poznań, le P. Antoni Baraniak, l’empêcha de venir.160

Après son élection comme Pape en 1978, il se passa encore 13 ans avant que Jean Paul II n’intervienne publiquement en espéranto. La fiche n° 40 de notre annexe 1a (relative au Père Opilio Rossi, Cardinal) en donne probablement une explication utile. Ce fut pendant la 6ème journée Mondiale de la Jeunesse à Częstochowa, lorsque, le 14 août 1991, il adressa ses salutations à plus d’un million de jeunes, présents en ce lieu. C’était la première fois qu’un Pape s’exprimait publiquement en espéranto. Il le fit en ces termes :

≪Je transmets aussi mon salut de bienvenue aux jeunes pèlerins du monde entier en ce jour de fraternité universelle, qui nous voit unis comme fils d’un même Père au nom du Christ, vérité révélée à l’Homme.≫

Le jour suivant, il adressa à nouveau ses salutations en plusieurs langues aux jeunes réunis à Częstochowa. En espéranto il leur dit :

≪Chers Jeunes ! Que l’expérience de la foi revivifiée aux pieds de la “Vierge Noire” reste gravée de façon indélébile dans vos cœurs. Que la Très Sainte Vierge Marie vous accompagne ! ≫ 161

Près de deux ans plus tard, durant l’été 1993, Jean Paul II fit transmettre sa bénédiction apostolique à l'UK (fff) qui tenait ses assises à Valence, en Espagne (il s’agissait donc du Congrès du mouvement espérantiste général, neutre au point de vue religieux) :

≪Le Saint Père salue sincèrement les organisateurs et les participants du 78ème congrès d’espéranto qui se tient à Valence et les encourage à continuer leur estimable entreprise de rapprochement dans le monde, pour qu’y règne l’intercompréhension et l’unité. ≫

En même temps le Saint Père incite les participants, qui, représentant toutes sortes de pays, cultures et croyances, se comprennent à cette occasion en une même langue, à démontrer par ce type de rencontre la fraternité qui, sans la moindre discrimination, devrait régner entre tous les êtres humains en tant que membres de la grande famille des enfants de Dieu, et affermir la prise de conscience individuelle et collective de la paix dans leurs foyers, leur milieu social, leur société.≫

Ayant formulé ce vœu et invoqué la protection de Dieu sur les travaux et les participants du congrès, le Saint-Père conclut en disant :

≪j’ai le plaisir de vous accorder la Bénédiction Apostolique que vous avez souhaitée. ≫162

Le 3 avril 1994, pour la première fois, le Pape Jean Paul II ajouta l’espéranto aux langues dans lesquelles il prononça la salutation pascale précédant sa bénédiction “Urbi et Orbi” :

Heureuses Pâques dans le Christ ressuscité≫.163

La même année suivit le souhait de Noël :

Noël béni de Dieu et nouvelle année prospère≫. 164

Depuis lors, le Saint Père reprend chaque année ces vœux en espéranto.165

Du 31 août au 7 septembre 1997 eut lieu à Rome et à Rimini le congrès jubilaire, le 50ème congrès de l’IKUE (c), sur le thème : “Allez et faites de tous les peuples du monde des disciples”. Dans le cadre de l’audience générale sur la place St-Pierre, le 3 septembre 1997, Jean Paul II salua comme suit les participants, dans un espéranto parfait:

≪Je me réjouis d’accueillir les responsables de l’Union internationale des espérantistes catholiques, engagés dans leur 50ème congrès. Mes très chers, le thème de votre rencontre reprend la tâche missionnaire confiée par le Christ à son Église. Acceptez-la généreusement avec cet esprit d’universalité qui est à la base de la langue que vous pratiquez.≫ 166

Le mouvement catholique espérantiste ne bénéficia pas seulement, de la part du Vatican, de ce type de reconnaissance. Après que le Concile Vatican II eut décidé la réforme de la liturgie, l’espéranto fit l’objet d’un reconnaissance partielle en avril 1966, et totale en juillet 1968, comme langue liturgique.167 Le 8 novembre 1990, la Congrégation Vaticane pour le culte de Dieu et la discipline des sacrements approuva les textes de la messe en espéranto.168 La commission prépara les textes sous la conduite de l’évêque auxiliaire de Varsovie, le Père Władysław Miziołek (1914-2000). On put se procurer, dès l’été 1995, le Meslibro et le Legajxaro por dimancxoj kaj festoj (“Missel” et “Lectionnaire pour les dimanches et fêtes”) sous la forme de deux volumes de 904 pages au total, sous reliure de luxe.

Le 11 janvier 1992 l’IKUE fut reconnue par décret du Conseil Pontifical pour les Laïcs comme association de fidèles de droit pontifical. Aux termes de ce décret,

≪le Conseil Pontifical pour les Laïcs marque son appréciation quant aux buts statutaires de l’IKUE, ainsi qu’aux diverses activités accomplies par l’Union dans l’application de ses programmes et dans ses prestations de services (formation chrétienne, publications et communication, bienfaisance et action œcuménique)≫ 169

Une reconnaissance d’une importance pratique considérable pour le mouvement espérantiste catholique est l’usage fait de l’espéranto par Radio Vatican. Au chapitre suivant nous donnerons un rapport plus détaillé sur ces émissions.

Il est intéressant d’examiner s’il existe aussi des manifestations d’opinions négatives des instances catholiques au sujet de l’espéranto. Nous trouvons effectivement quelques indications sur ce point dans quelques articles de journaux. Par exemple l’Agence de presse catholique allemande KNA (xxvii) rapporte, le 2 février 1995 :

≪Mais il existe dans l’Église catholique un début de défiance à l’égard de l’espéranto. Par exemple on a suspecté son initiateur, entre autres choses, d’avoir été franc-maçon.≫ 170

Et dans un petit article de la publication catholique allemande Christ in der Gegenwart, "Le Christ dans le temps présent", du 24 septembre 1995, nous lisons à propos de la parution du Missel en espéranto :

≪La Congrégation vaticane pour le Culte de Dieu eut d’abord à examiner un certain nombre d'objections qui méritaient d'être prises en considération. Elle conclut en autorisant la traduction en espéranto du Missel Romain.≫

Le Missel précise lui-même de quelles objections il s’agit. Son introduction reproduit le document “Normes pour la célébration de la messe en espéranto” du 20 mars 1990 en italien et en espéranto. Dans ce texte on trouve la référence à la circulaire Decem jam annos "Il ya déjà dix ans"171. du 5 juin 1976, qui signifiait un pas en arrière pour le mouvement espérantiste catholique. Selon cette lettre :

≪la langue espéranto ne présente pas en elle-même les caractéristiques requises pour pouvoir être considérée comme langue liturgique et être utilisée de façon habituelle dans les célébrations liturgiques, au motif qu’elle n’est pas une langue parlée par un peuple.≫ 172

En ce qui concerne les rumeurs attribuant à Zamenhof une appartenance à la franc-maçonnerie, on remarquera :

1) que, d’après l’enquête menée par l’historien français André Cherpillod en 1997, elles ne sont ≪vraisemblablement pas fondées≫ 173

2) que la franc-maçonnerie mérite certainement le respect d’un point de vue catholique,

3) que l’espéranto, étant au premier chef une langue, ne saurait avoir un lien exclusif avec une conception donnée du monde.

Outre plusieurs papes, diverses personnalités catholiques ont exprimé leur soutien à l’espéranto. St Maximilien Kolbe (ann. 1 b, fiche 78) l’a fait à plusieurs reprises. En 1937 il a encouragé dans ce sens les étudiants du séminaire pastoral franciscain de Niepokalanow en leur disant :

≪Votre participation au mouvement espérantiste plaît à l’Immaculée.≫ 174

4.5.2. Les cardinaux

Il nous a semblé bon de constituer une liste de brèves fiches biographiques de 55 cardinaux qui, au cours du 20ème siècle et en ce début du 21ème, d'une façon ou d'une autre, plus ou moins engagée selon le cas, se sont prononcés en faveur de l'espéranto. Le lecteur pourra ainsi se faire une idée de l'ampleur et de la richesse des contacts intervenus à ce jour entre les catholiques espérantistes et les plus hauts dignitaires de leur Église. On la trouvera en annexe 1a en fin d'ouvrage. Et nous faisons le lien avec les mentions de certains d'entre eux dans le corps du texte.

Voici simplement quelles sont les hautes responsabilités qu'ont assumées ou qu'assument ces divers cardinaux dont nous rappelons les noms entre parenthèses. Plusieurs d'entre eux sont évidemment cités à divers titres et donc plusieurs fois :

- un secrétaire d'Etat (Sodano)

- six préfets de Congrégations (du Culte divin : Micara, Knox, Martinez y Somalo ; de l'Évangélisation des peuples : Gotti et Van Rossum ; des Evêques : Gotti ; des Religieux : Micara et Pironio)

- quatre présidents de Conseils pontificaux (pour les laïcs : Rossi, Pironio et Stafford ; "Cor unum" : Etchegaray)

- un président du Consilium "conseil" pour la réforme liturgique (Lercaro)

- deux présidents de Secrétariats (Non-croyants : König ; Unité des chrétiens : Willebrands)

- cinq nonces apostoliques (en France : Cerretti ; en Autriche : Rossi ; en Bavière : Frühwirth ; en Belgique : Micara ; en Colombie : Martinez y Somalo ; en Equateur et au Chili : Rossi ; en Tchécoslovaquie : Micara)

- douze présidents de conférences épiscopales (France : Liénart et Etchegaray ; Amérique Latine (CELAM) : Pironio ; Europe : Etchegaray, Martini et Vlk ; Allemagne : Frings ; Autriche : König ; Belgique : Suenens ; Brésil : Câmara ; Italie : Ruini ; Pays-Bas : Alfrink ; Slovaquie : Korec)

- neufs primats (des Gaules : Gerlier ; d'Autriche : Piffl, Innitzer et König ; de Belgique : Van Roey ; de Hongrie : Serédi et Lékai ; Pologne : Wyszynski ; Tchécoslovaquie : Tomásek)

- cinq archevêques de Paris (Amette, Baudrillart, Dubois, Feltin et Verdier)

- trois archevêques de Milan (Colombo, Ferrari et Martini)

- deux archevêques de Bologne (Biffi et Lercaro)

- deux archevêques de Prague (Tomásek et Vlk)

- deux archevêques d’Utrecht (Alfrink et Willebrands)

- deux présidents de Pax Christi (Alfrink et König)

- deux des quatre modérateurs du concile Vatican II nommés par Paul VI : (Lercaro et Suenens)

- trois des cinq "membres les plus marquants" (Liénart, Lercaro et Suenens,) de la majorité à ce même concile, selon la Nouvelle encyclopédie catholique "Théo" (Paris, Droguet-Ardant/Fayard, 1989, p. 500) qui précise :

≪La majorité (…) se veut proche de l'esprit d'ouverture manifesté par Jean XXIII : elle est attentive aux réalités du monde, aux besoins d'adaptation de l'Église pour faire parvenir l'Évangile à tous les hommes, aux exigences du témoignage d'unité des chrétiens…≫


4.5.3. Les évêques

Si nous étendons maintenant notre champ d'observation aux évêques (dont certains sont cardinaux), nous trouvons facilement des centaines de messages de salutations amicales à l’occasion d’évènements ponctuels faisant intervenir des espérantistes chrétiens. Quand l’IKUE organise un congrès dans un pays doté d’un fort mouvement espérantiste catholique comme par exemple en République tchèque, en Italie ou en Pologne, il arrive presque toujours qu'un ou plusieurs évêques tiennent à rendre une visite personnelle au congrès pour saluer les participants, les encourager dans leur action et célébrer la messe avec eux.175

Dans quelques pays, par exemple en République tchèque en 1991 et en Slovaquie en 1993,176 la conférence épiscopale a officiellement reconnu la section nationale de l’IKUE comme organisation ecclésiale de laïcs. Ailleurs, par exemple en Allemagne, cette reconnaissance a été accordée dans les diocèses où les membres de l’Union sont particulièrement actifs.177

Quelques pays comptent des évêques qui parlent eux-mêmes espéranto et célèbrent souvent la messe dans cette langue. C’est par exemple le cas de l’évêque d’Eisenstadt (Autriche), le P. Paul Iby, qui est, depuis de nombreuses années, membre de l’IKUE.178

Le Père Miloslav Vlk (ann. 1 a, fiche 51), cardinal archevêque de Prague, a appris l’espéranto lorsqu’il était étudiant et a participé, comme jeune prêtre, à l’organisation des camps d’espérantistes catholiques.179 Au congrès catholique espérantiste d’Olomouc (République tchèque) il célébra la messe en espéranto. Dans son prêche, il proclama :

≪J’ai toujours ressenti, parmi les espérantistes, un avantage qui ne tient pas seulement à la langue elle-même : cette langue, dans mon expérience, donne plus que la simple intercompréhension : elle apporte un esprit de communauté, l’unité, la communication. Et ce fait, au niveau de l’Évangile, au niveau de l’Église, a une portée très importante, car il ne s’agit pas seulement de communauté, mais de présence du Christ au milieu des hommes. Le Christ est venu pour apporter la présence de Dieu parmi les hommes, car tel était le plan de Dieu. C’est cela le Paradis. Et ce dont vous jouissez entre vous, c’est précisément le reflet de cette réalité.≫ 180

Plus souvent encore que le Père Vlk, l’archevêque de Hradec Králové, le Père Karel Otčenášek, se rend aux manifestations espérantistes pour encourager les participants dans leur action en faveur d’une meilleure intercompréhension.

Dans leurs témoignages au sujet de l’espéranto les hautes autorités de l’Église reconnaissent très souvent la contribution de cette langue à l’intercompréhension des peuples et au rapprochement des fidèles. Quant à savoir s’il serait souhaitable d’opérer un changement concret dans la politique linguistique de l’Église et du monde, elles restent plus prudentes.

C’est sur ce point précis que le Père György Jakubinyi (ann. 2 b fiche 74), a fait un pas de plus. Né dans une ville roumaine dont la population est composée de Roumains, de Hongrois, d’Ukrainiens et de Juifs, environnement multiculturel à certains égards comparable à celui de Bialystok un siècle plus tôt, le jeune Jakubinyi, étudia l’espéranto dès ses 13 ans. Il eut ensuite à cœur de l'enseigner à tous ses élèves lors de ses diverses missions pédagogiques.

En 1991 eut lieu au Vatican le premier Synode sur l’Europe. C’est là que, le 29 novembre, le P. Jakubinyi plaida pour l’espéranto en tant que nouvelle langue ecclésiale. Voici en quels termes l'agence de presse allemande KNA (aa) rendit compte de ce fait :

≪Cité du Vatican. Les bouleversements politiques en Europe ont aussi modifié la composition de l’équipe d’interprétation simultanée dans l’amphithéâtre du synode spécial sur l’Europe qui s’est tenu jeudi, la semaine dernière, au Vatican. La “langue maternelle” de l’Église, le latin, n’est plus l'une des langues offertes, il est remplacé par le russe. C’est ainsi que le secrétaire du synode épiscopal s’adapte au fait que, parmi les 200 participants de l’assemblée on compte un certain nombre de représentants de la zone russophone. L’évêque auxiliaire roumain d’Alba Iulia, Mgr Jakubinyi György a présenté au synode une contribution sur le thème de la langue. Il a proposé de remplacer le latin, que l’on ne pratique plus actuellement autant que jadis, par la langue internationale espéranto. Le latin, a argumenté cet évêque auxiliaire, n’a été la langue liturgique que dans l’Église d’Occident. Contre “l’impérialisme linguistique” par lequel des grandes nations veulent imposer aux petites leur langue et, du même coup, leur culture et leur vision du monde, il faut, selon lui, une “langue internationale conventionnelle”, qui ne serve en sous-main les projets d’aucune nation.≫181

En 1994, le P. György Jakubinyi (ann. 2 b fiche 74) est devenu archevêque de ce même grand diocèse qui compte 95% de Hongrois. En octobre 1999 il parla, au cours du deuxième synode, de la Conférence des évêques de Roumanie, pays qui ≪est un peu le reflet de l’Europe≫ par la diversité de ses rites (latin, gréco-catholique et arménien) et de ses langues (roumain, hongrois, et allemand). ≪Je ne veux pas idéaliser notre travail en commun, car il y a des problèmes≫, souligna-t-il, et, à nouveau, il proposa l’espéranto comme solution à la barrière des langues.182 Il répéta plusieurs fois son argumentation, par exemple lors des Forums de l’Église catholique de Dresde (1994) et de Hambourg (2000).183

Il convient de rappeler à ce titre là le nom d'un évêque surtout célèbre pour sa vigoureuse action sociale, Dom Helder Camara (ann. 1 b, fiche 59), qui manifesta aussi fortement sa sympathie pour l'espéranto alors qu'il était encore évêque auxiliaire de Rio de Janeiro.

Si on écoute vraiment et si on prend en compte sa proposition, les termes suivants, que le P. Stefan Wyszyński (ann. 1 a, fiche 54), cardinal polonais, prononça en 1974 à l’adresse du président de l’IKUE (c) de l’époque, le P. Duilio Magnani, pourraient se révéler prophétiques :

≪Lors du Concile Vatican II le latin a souffert … lors du prochain Concile on parlera espéranto.≫ 184

4.5.4. Autres personnalités spirituelles

Comme pour les cardinaux nous avons établi une liste de 48 personnalités de diverses confessions chrétiennes, évêques, pasteurs et laïcs ou non chrétiennes ainsi que de personnalités ayant exercé une influence importante au service de l'espérantisme ou connues dans le monde pour un autre motif et ayant clairement pris parti pour l'espéranto. C'est l'objet de la liste proposée en annexe 2 b en fin d'ouvrage.


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  • 4.5.1. Les papes
  • 4.5.2. Les cardinaux
  • 4.5.3. Les évêques
  • 4.5.4. Autres personnalités spirituelles

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