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Traduction-adaptation française de l'original en espéranto d'Ulrich Matthias

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4.4. L'après-guerre


La guerre terminée, les associations chrétiennes IKUE (c) et KELI (t) purent assez rapidement se rétablir dans les pays occidentaux. A partir de 1946 les revues Espero Katolika et Dia Regno reparurent 136 et, peu de temps après, les espérantistes protestants réalisèrent un vieux projet : dans le courant de l’été 1948 ils réunirent le premier congrès de la KELI à Tostarp en Suède. Auparavant avait eu lieu une rencontre préalable dans le cadre de l'UK (fff) lors d’une réunion spécifique de la Ligue. Et ce premier congrès fut, de l’avis de tous, un grand succès.

≪Dans une Europe qui souffre encore des blessures béantes causées par la guerre, cette simple rencontre de chrétiens provenant de sept pays, de frères se comprenant en une même langue (….), laissa une impression inoubliable≫,

rapporte Henk de Hoog (ann. 1 b, fiche 65) dans son histoire de la KELI (t).137 L’idée de transformer cette initiative en tradition s’imposa comme une évidence et, à partir de 1948, la Ligue organisa un congrès international presque chaque année.

Après une interruption de 11 ans, en 1950 les espérantistes catholiques organisèrent eux aussi un nouveau congrès. Ce fut le 22ème de l’IKUE, et le 3ème tenu à Rome (après ceux de 1913 et 1935.)

L’Europe de l’Est ne connut pas cette reprise de la vie normale. Staline y imposa des régimes communistes qui détestaient autant l’espérantisme que le christianisme et avaient donc un double prétexte pour entraver les activités de l’IKUE (c) et de la KELI (t). Pendant la “guerre froide” tout fut fait pour décourager les contacts avec les pays occidentaux, où les deux associations avaient leur siège. Les gouvernements des États satellites de l’Union Soviétique voulaient orienter l’intérêt de leurs citoyens vers la “vraie langue mondiale” : le russe. Par exemple en RDA (ancienne République Démocratique d'Allemagne) (xxv), de 1949 à 1965 138 les espérantistes n’eurent le droit ni de s’organiser en associations ni de mener des activités d’information du public. Plus tard l’activité espérantiste ne fut possible que dans le cadre de structures définies qui ne laissaient pas de place à une collaboration avec l’IKUE ou la KELI.

La situation était un peu plus favorable en Pologne, où en 1957 le gouvernement permit au moins l’entrée d’Espero Katolika (n) (mais le règlement de l’abonnement resta difficile).139 Cela dit, un travail plus rapproché entre chrétiens de l’Ouest et de l’Est fut impossible pendant longtemps. Et il n’est donc pas étonnant que, dans les années 50 et 60, tous les congrès de l’IKUE et de la KELI se soient tenus en Occident.

Après que, lors du Concile Vatican II (1962–1965), l’Église catholique se fut montrée plus favorable à l’œcuménisme, l’IKUE (c) décida, en juillet 1966, d’inviter la KELI (t) à organiser avec elle un congrès commun aux deux associations. Lors de son 29ème congrès, en 1967 à Torre Pellice en Italie, la KELI accepta l’invitation à l’issue d’une vive discussion. A la suite de quoi, en 1968, eut lieu à Limbourg en Allemagne le premier Congrès espérantiste oecuménique. Ce fut, en même temps, le 32ème congrès de l’IKUE et le 21ème de la KELI.140

La même année, le "Printemps de Prague" encouragea les membres tchèques de l’IKUE et les membres de l’Église hussite141 à mettre sur pied un congrès œcuménique dans leur pays. Il devait avoir lieu en été 1970 à Brno. Mais l’armée soviétique envahit le pays, qui dut subir le “processus de normalisation”. Les ministères de la Culture et de l’Intérieur interdirent la tenue du congrès, six semaines avant son ouverture programmée. Il se transféra à Klagenfurt, mais peu de personnes d’Europe orientale parvinrent à obtenir, à la dernière minute, le nécessaire visa autrichien142.

Il restait encore une autre organisation de membres tchèques de l’IKUE, ceux qui se rencontraient au camp de catholiques espérantistes fondé en 1969. Ils se nommèrent officiellement “camp de vacances de l’espéranto”, pour masquer quelque peu leur caractère religieux. Pendant quelque temps, en plein été, de jeunes catholiques de Tchécoslovaquie et de quelques autres pays comme la Pologne, la Hongrie, la Hollande et l’Italie se rencontrèrent là, fraternellement, jusqu’au jour où, en juillet 1977, la police envahit le camp et arrêta les organisateurs, Miloslav Šváček et le P. Vojtech Srna. La dissolution de la section tchèque de l’IKUE (c) intervint peu après143.

La situation fut à nouveau plus réjouissante en Pologne, où, durant le même été, eut lieu le 37ème congrès de l’IKUE. De tous les congrès de l’IKUE réunis jusque-là, ce fut celui qui attira le plus de monde : 700 participants144. Deux fois encore, avant la chute du rideau de fer, en 1978 à Varna et en 1987 à Częstochowa, des catholiques de l’Est et de l’Ouest se rencontrèrent dans un pays socialiste dans le cadre de l’IKUE.

La disparition du système totalitaire donna aux espérantistes chrétiens d’Europe de l’Est la liberté à laquelle ils avaient si longtemps aspiré. Le 12 mai 1990, soit près de treize ans après sa mise hors la loi, la section tchèque de l’IKUE (c) se reconstitua145 et devint rapidement, toujours sous la direction de Miloslav Šváček, l’une des sections les plus actives. En Roumanie et en Lituanie aussi, des sections actives de l’Union furent remises sur pied.

Les deux organisations, la catholique et la protestante, se caractérisent pendant cette période par leur stabilité et leur continuité. De 1961 à 2000 le Pasteur Adolf Burkhardt (ann. 1 b, fiche 58), un Allemand, fut le président de la KELI (t) (avec une interruption de 1975 à 1981). Au cours de l’été 2000, un Néerlandais, Jacques Tuinder (ann. 1 b, fiche 100) prit sa succession. Le Père Duilio Magnani, un prêtre italien de Rimini assuma de 1979 à 1995 la même responsabilité au sein de l’IKUE, jusqu’à ce qu’il transmette le flambeau à Antonio de Salvo. En 1995 pour la première fois, il y eut dans la même année deux congrès de l’IKUE, le 48ème congrès à Olomouc, République tchèque, et le 49ème dans le cadre du 11ème congrès œcuménique de Kaunas en Lituanie. C’est également en 1995 que l’IKUE (c) établit son siège à Rome, où elle assure à la fois le secrétariat de l’association et la rédaction d’Espero Katolika (n).

Le 10 août 1996 de jeunes catholiques de Belgique, République tchèque et Hongrie fondèrent, dans le cadre du 15ème Camp catholique espéranto de Sebranice, une organisation de jeunes de l’IKUE sous le nom de “Jeunesse IKUE” et le sigle IKUEJ. Leurs objectifs sont, selon leurs statuts :

- aider les jeunes espérantistes à trouver la voie vers Dieu et la vie chrétienne,

- favoriser la compréhension internationale et la coopération entre jeunes catholiques du monde entier,

- confirmer les jeunes catholiques dans leur foi,

- diffuser l’espéranto parmi les catholiques.146

Les membres de l’association ne se rencontrent pas seulement dans le cadre de camps d’espérantistes catholiques, des congrès de l’IKUE et d’autres rencontres de chrétiens, mais assurent une correspondance active et des contacts Internet avec des membres en Afrique et en République Populaire de Chine.


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