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Traduction-adaptation française de l'original en espéranto d'Ulrich Matthias

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2.4. Comparaison

2.4.1. Apparence


A titre de comparaison de leur apparence, voici le début du Notre Père dans plusieurs langues "planifiées" ou "construites".

Volapük, Schleyer 1879



O fat obas kel binol in süls, paisaludomöz nem ola, kömomoed monargän ola, jenomöz vil olik, äs in sül i su tal.

Esperanto, Zamenhof 1887



Patro nia, kiu estas en la cxielo, sanktigata estu via nomo, venu via regno, farigxu via volo, kiel en la cxielo, tiel ankaux sur la tero.

Latino sine flexione, (vii) Peano 1903



Patre nostro qui es in celos, que tuo nomine fi sanctificato, que tuo regno adveni, que tua voluntate es facta sicut in celo et in terra.

Ido, de Beaufront kaj Couturat 1908



Patro nia, qua esas en la cielo, tua nomo santigesez, tua regno advenez, tua volo facesez quale en la cielo, tale anke en la tero.

Interlingua, (f) 1951



Nostre Patre, qui es in le celos, que tu nomine sia sanctificate ; que tu regno veni ; que tu voluntate sia facite super le terra como etiam in le celo.

Klingon, Okrand 1985



Vavma' QI'tu'Daq, quvjaj ponglIj : ghoSjaj wo'lIj, qaSjaj Dochmey DaneHbogh, tera'Daq QI'tu'Daq je.

2.4.2. Succès à ce jour


Seule une petite part des nombreux projets de langue conventionnelle survécut à la mort de leur auteur. Aujourd'hui, l'espéranto est parlé par 1 à 3 millions de personnes dans 120 pays, l'Interlingua (f) (langue d’origine presque exclusivement latine et de l’aveu même de ses promoteurs, destinée essentiellement à l’Occident européen) par à peu près 1.000 personnes dans 25 pays, et l'Ido par à peu près 200 personnes dans 10 pays.

A titre d'évaluation globale a posteriori une information telle que celle du Centre de documentation et d'étude sur la langue internationale (CDELI) de la Bibliothèque de la Chaux-de-Fonds peut être utile. Le but statutaire du CDELI est la recherche, la conservation, le classement et l'étude des livres, brochures, journaux et autres documents imprimés ou manuscrits se rapportant à toute langue internationale. En 2003 les ouvrages catalogués sont au nombre d'environ 20.000 unités bibliographiques. Il s'agit de 180 mètres linéaires de livres et brochures, et de 130 mètres linéaires de 2.500 périodiques différents. Parmi ces revues et circulaires, 1.900 concernent l'Espéranto, 190 l'Ido, 75 l'Occidental, 60 le Volapük, 50 l'Interlingua (f) de IALA et le reste diverses autres langues "construites" ou "planifiées". Les archives non cataloguées s'étendent sur 140 mètres linéaires22

Plus récemment encore l'encyclopédie libre Internet Wikipedia,23 grâce au travail bienvenu de Miroslav Malovec, vient de dépasser le millionnième article. Par la quantité d'articles, l'espéranto se situe dans ce document entre deux des dix langues les plus parlées du monde : le portugais (191 millions de locuteurs) et le chinois (plus d'un milliard et 200 millions).24

L'internet est devenu un média très répandu et qui ne peut que prendre de plus en plus d'extension et d'importance vu son universalité de moyens. Or le mot "esperanto" comparé au mot "English" sur le moteur de recherche "Google" obtient certes, en nombre de sites, des scores éminemment variables dans le temps. Mais il est des périodes où il dépasse désormais ceux de son "compétiteur de fait" au niveau international, l'anglais. Ce n'est évidemment pas un critère susceptible de définir à lui seul un nombre de locuteurs qui serait équivalent, mais un signe à la fois de l'influence décisive que ce média peut avoir sur la diffusion et l'enseignement de l'espéranto ainsi que de la nécessité qu'ont les humains d'utiliser une langue beaucoup plus facilement accessible que ne l'est l'anglais pour leur communication internationale sans autre limite que celles de la planète.

Un classement de ces sites essentiellement à destination des espérantistes existe sur :

http://esperanto-panorama.net/unikode/dissendo.htm


3. Lejzer Ludvik Zamenhof




3.1. La raison d'être de l'espéranto à son origine


≪L'idée à l'accomplissement de laquelle j'ai consacré toute ma vie m'est venue (...) dès ma plus tendre enfance et ne m'a jamais quitté depuis.≫,

Voilà ce qu’écrivait Ludvik Lejzer Zamenhof en 1895 au Russe Nikolaï Borovko dans une lettre reproduite dans l'Originala verkaro, "Recueil d'œuvres originales", œuvre posthume constituée de textes divers, tous de la main de Zamenhof 25, rassemblés et classés par Johannes Dietterle, éditeur.

Fils de Markus (1837-1907) et de Rosalia (Liba), Ludvik Lejzer naquit le 15 décembre 1859 à Białystok, ville située à l’époque dans la Russie des tsars, aujourd’hui chef-lieu de Voïvodie dans le nord-est de la Pologne, non loin de la frontière biélorusse. Markus, comme son père Fabian, était professeur de langues. Il enseignait le français et l'allemand au lycée, l'hébreu et l'araméen à la synagogue. Cette ville fut déterminante dans la naissance de l'espéranto, comme l’expliquait Zamenhof dans la même lettre :

≪Ce lieu qui me vit naître et où je grandis donna leur sens à tous mes buts futurs. A Białystok, les habitants sont divisés selon leurs quatre origines : Russes, Polonais, Allemands et Juifs. Ils parlent tous une langue différente et s’entendent mal. Dans cette ville, plus que partout ailleurs, je ressens le malheur pesant du multilinguisme et je suis convaincu, à chaque pas, que la divergence de langue est, sinon la seule, du moins la principale cause de séparation de la famille humaine, qu'elle partage en groupes ennemis. On m'éduquait en idéaliste, on m'enseignait que tous les hommes sont frères, et pendant ce temps, dans la rue et dans la cour, tout, à chaque pas, me faisait sentir que les “Humains” n'existent pas : n'existent que Russes, Polonais, Allemands, Juifs, etc. Tout ceci tourmenta fortement mon esprit d'enfant, même si cette “douleur du monde” peut prêter à rire chez un être aussi jeune. À cet âge, j’attribuais aux “grands” une force omnipotente. Et je me répétais que, quand je serais grand à mon tour, j’éliminerais ce mal coûte que coûte.≫ 26

Devenu étudiant, Zamenhof commença à travailler à l’élaboration concrète d’une langue susceptible de relier les peuples. S'il considérait le russe comme sa langue usuelle, il parlait couramment, dès l’enfance, le yiddish (probablement surtout avec sa mère), le polonais et l'allemand. Il apprit le français, le latin, le grec, l'hébreu et l'anglais, mais il s'intéressa également à l'italien, à l'espagnol et au lituanien.27

Sa nouvelle langue devait être facile à apprendre et mettre tout le monde sur un pied d'égalité. Dès l’âge de 18 ans, Zamenhof avait fini une première esquisse de langue internationale : en décembre 1878, il en fêta la naissance, avec quelques condisciples. Ils chantèrent en chœur l'hymne de la Lingwe Uniwersala "Langue universelle", dont les premiers mots étaient :

Malamikete de las nacjes

Kadó, kadó, jam temp' está !

La tot homoze in familje

Konunigare so debá.≫28

(Qu'elle tombe, la haine entre les nations ; oui, qu'elle tombe, il est grand temps ! L'humanité tout entière doit s'unir en une famille.)

Malgré l'opposition de son père qui, dit-on, détruisit le manuscrit de l'un de ses premiers projets, mais avec le soutien de sa mère, Zamenhof continua à travailler. On connaît une autre esquisse de sa langue datant de 1881.29 Il essaya alors de penser directement dans la nouvelle langue et remarqua que finalement :

≪…elle cesse déjà d'être l’ombre sans caractère de telle ou telle autre langue, dont je viens de m’occuper, la voilà qui acquiert son propre esprit, sa propre vie, une physionomie particulière, définie et bien affirmée, indépendante de toute influence extérieure. Les phrases coulent d'elles-mêmes, librement, avec grâce et souplesse, comme dans la langue maternelle.≫30

Ainsi, dès 1885, l’Internacia lingvo (e) avait trouvé sa forme. Zamenhof écrivit alors une petite méthode d'apprentissage de cette nouvelle langue, mais aucun éditeur n'accepta de la publier. Laissons Zamenhof raconter lui-même comment il résolut le problème :

≪ (...) Fin 1886, j'ai commencé à pratiquer l’ophtalmologie à Varsovie. C’est alors que j'ai rencontré celle qui est aujourd’hui ma femme, Klara Zilbernik, de Kaunas31 (...). J'avais expliqué à ma fiancée les grandes lignes de mon projet et le plan de mes actions futures. Le 9 août 1887, nous nous sommes mariés. Je lui avais demandé si elle voulait lier son avenir au mien. Elle ne se contenta pas d'accepter : elle alla jusqu’à mettre à ma disposition tout l’argent qu'elle possédait, ce qui me permit, après une longue et vaine recherche d'éditeur, de publier à mon compte [dans la marge : en juillet 1887] mes quatre premières brochures (manuel de “ langue internationale ” en russe, polonais, allemand et français.)≫ 32

La brochure avait pour titre : Lingvo Internacia. Antauxparolo kaj plena lernolibro "Langue Internationale – Préface et manuel complet". Dans la préface, Zamenhof détaillait les avantages considérables qu’apporterait pour le rapprochement des peuples, pour la science et pour le commerce une “langue internationale adoptée de commun accord”. Dans ce texte déjà, il soulignait que cette langue n’avait nullement pour but de s’immiscer dans la vie quotidienne des peuples. On le voit : le jeune auteur n'est pour rien dans les préjugés qui apparaissent de temps en temps, aujourd'hui encore, et qui attribuent à l'espéranto le dessein de se substituer aux langues nationales. Le manuel lui-même présente les seize règles de base de grammaire de l' Internacia Lingvo" La langue Internationale" ainsi que quelques textes : le Patro nia, "Notre Père", les premiers versets de la Genèse, une traduction d'un poème de Heinrich Heine et de deux poèmes originaux. Une brochure supplémentaire contenait une liste de 917 racines. Sur la deuxième page de la brochure se trouvait une note très importante :

≪La Langue Internationale, comme toute langue, est une propriété collective ; l'auteur renonce pour toujours à tous les droits personnels qu'il possède sur sa création (droits d’auteur).≫

A l'inverse du Père Johann Martin Schleyer, créateur du volapük, Zamenhof laissa aux usagers de la nouvelle langue la tâche de la faire évoluer :

≪Je sais très bien que l'œuvre d'un seul homme ne peut pas être sans erreurs (...). Tout ce qui peut être amélioré le sera par l’usage. Je ne veux pas être le créateur de la langue, je ne veux en être que l'initiateur.≫ 33


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