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Traduction-adaptation française de l'original en espéranto d'Ulrich Matthias

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2. L’idée de langue universelle


On recense depuis le Moyen-Âge plus de 1000 tentatives d’élaboration de langues. Les motivations et les méthodes des divers auteurs diffèrent largement. La palette s’étend de la Lingua ignota, "langue secrète" de Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179), au Klingon inventé par le linguiste nord-américain Marc Okrand pour la série Star Trek10. Ici, nous nous intéresserons principalement aux projets de langues qui ont eu pour but de faciliter la communication internationale.

2.1. Les débuts

2.1.1. Langues formées à partir du classement de concepts


Quand, au XVIIe siècle, les langues nationales ont pris le rôle du latin, jusqu'alors langue des érudits européens, la théorie des langues universelles a eu son premier âge d’or. De nombreux philosophes, mathématiciens et philologues se sont attelés à la création d’une Lingua Universalis "langue universelle", qu’ils voulaient à la fois d’apprentissage aisé et apte à : ≪faciliter considérablement la communication entre les peuples≫ 11, tout en aidant à penser. Komenský, Descartes, Newton et Leibniz ont chacun essayé de construire une telle langue.

Comme il est rappelé dans un ouvrage d'Umberto Eco d'abord publié en italien (iv) les auteurs n’ont pas puisé leur vocabulaire dans les langues ethniques ; ils ont cru pouvoir créer un lexique fondé sur une classification des concepts. C’est ainsi que Newton a cherché à attribuer une lettre définie à chaque catégorie : “s” pour les instruments, “t” pour les animaux, “b” pour les états d'esprit12. Leibniz exprima par exemple la notion d’“être humain” par le produit a x r, où a” signifie “animal” et r signifie “rationalis” "doué de raison"13. Mais amener ces projets philosophiques à se développer en langues réellement utilisables était loin d’être simple, et leurs auteurs l'ont bien compris ; il n'est donc pas étonnant que le rêve de faciliter la pensée par une nouvelle langue de ce type soit restée à ce jour une utopie.


2.1.2. Langues formées à partir des langues existantes


L’idée de puiser dans les langues existantes était plus prometteuse. Ainsi sont nées des langues dont le vocabulaire se base sur une ou plusieurs langues ethniques. Le premier de ces projets semble être le latin simplifié, que Phillippe Labbé (1607-1667) publia sous le titre : Grammatica linguae universalis missionum et commerciorum "grammaire de la langue universelle des missions et du commerce"14. Au cours des siècles suivants apparurent plus de trente autres projets de latin modifié, parmi lesquels le Latino sine flexione "latin sans déclinaison" (g) créé en 1903 par le mathématicien italien Giuseppe Peano (1858-1932) est le plus connu. De nombreux essais de simplification de l'anglais ou du français furent également publiés. On considère le projet de A. Gerber de 1832 15 comme la première langue internationale construite a posteriori.

Le projet Universalglot "langue universelle" publié en 1868 par Jean Pirro (1831-1886), professeur de Saint-Dizier, dans l’Est de la France, est déjà relativement agréable et proche des langues européennes : ≪ Ma senior ! I sende evos un gramatik en un verb bibel de un nuov glot nomed universal glot. In future I skripterai evos semper in dit glot. 12 Mais ce projet, pourtant bien construit, ne donna jamais lieu à une utilisation pratique. La première langue, qui réussit à avoir quelque succès, fut le volapük, conçu par le Père Johann Martin Schleyer (1831-1912), prélat romain16 du sud de l'Allemagne.

Grâce au prosélytisme de son auteur, le volapük comptait déjà, peu après sa parution, plusieurs milliers de locuteurs dans le monde entier17. Des dizaines de revues parurent dans cette nouvelle langue, et en 1889, on comptait 283 associations volapükistes.18 Mais, malgré sa régularité, le volapük était difficile ; les mots avaient un aspect déroutant, car très éloigné des langues traditionnelles, et, dans les premières années du XXe siècle, le mouvement volapükiste disparut presque aussi vite qu'il était apparu.

2.2. L'espéranto


En 1887, alors que le volapük culminait au faite de son rapide mais bref succès, l'année-même où, à Paris, en vue de l'Exposition Universelle, débutait la construction de la célèbre Tout Eiffel, un ophtalmologue, le Dr Lejzer Ludvik Zamenhof (1859-1917) publia à Varsovie, sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto "Le Docteur qui espère", la première méthode d'apprentissage de son Internacia Lingvo "langue internationale" (v). Il espérait ainsi contribuer à la paix et à la compréhension d'abord entre les populations diverses qui l'entouraient, puis, de proche en proche, entre tous les peuples du monde. Le pseudonyme simplifié du jeune auteur “Esperanto = quelqu’un qui espère” ne tarda pas à désigner la langue.

Ci-dessus, les pages de couverture des versions de ce document historique destinées aux Russes, aux Polonais, aux Français et aux Allemands :

De toutes les langues conventionnelles l'espéranto est la plus réussie. Les chapitres suivants, tout particulièrement 6.3 et 6.4 exposeront sur quoi repose cette affirmation.

2.3. Projets plus récents


Au début du XXe siècle, certains essayèrent de réformer le volapük ou l'espéranto, ce qui conduisit à de nouveaux projets de langue. En 1908, les Français Louis de Beaufront (1855-1935) et Louis Couturat (1868-1914) publièrent le projet espéranto réformé, Ido Idiomo di Omni "Idiome pour tous". C’est l’espéranto réformé par quelques espérantistes, les Professeurs Louis Couturat (1868-1914) mathématicien et philosophe, Otto Jespersen philologue danois spécialiste de la langue anglaise, Richard Lorenz physicien et Wilhelm Ostwald, chimiste prix Nobel, sont les principaux réformateurs et de ce fait créateurs d'une nouvelle langue, proche de l'espéranto. Une délégation fut réunie pour la première fois en 1900 puis un comité fondé en 1907. Ces instances, considérèrent qu’il n'existait alors que deux projets dignes d'intérêt, l'Espéranto, et une langue appelée Idiom Neutral, initialement développée par l'ancienne Académie du Volapük. «La Délégation décida de choisir l'Esperanto, mais en appliquant des réformes définies par le projet "Ido", qui n'était alors connu que par le pseudonyme de l'auteur anonyme [en réalité M De Beaufront] d'un nouveau projet, qui résumait les projets précédant la Délégation. Cette réforme prenait également en compte les progrès linguistiques effectués par l'Idiom Neutral.»19 L'Ido fut publiée en 1908. En fait, il s'agissait d'une nouvelle langue. Pour les idistes, le docteur Zamenhof (l'initiateur de l'espéranto), a cependant le mérite d'avoir posé les bases de la langue internationale vers laquelle se dirigèrent à peu près 20 % des professeurs d'espéranto avant la première guerre mondiale et 3 à 4 % des simples usagers de l’espéranto.20 L'Ido a subi ensuite diverses modifications donnant parfois lieu a un fractionnement qui a considérablement réduit son rayonnement ultérieur.

En 1951, l' International Auxiliary Language Association (IALA), ("Association internationale pour une langue auxiliaire" ou "Association pour une langue auxiliaire internationale", l'anglais a les deux sens), publia à New York le projet “Interlingua” (vi) élaboré par Alexander Gode, qui poussait à l’extrême la recherche de l’aspect ethnique originel des mots, au point d’y sacrifier la régularité.

Il paraît désormais un ou plusieurs projets de langue chaque année. En utilisant un “moteur de recherche” Internet, on peut trouver de nombreuses informations sur la Lingua Franca Nova21 (1995) de C. George Boeree, professeur de psychologie à l'université de Pennsylvanie, États-Unis d'Amérique, sur l'europanto (1996) de Diego Marani, Italien, sur Ekspreso (1996) de Jay Bowks, également citoyen des États-Unis d'Amérique ou sur Ludlange (2000) de l’Allemand Cyril Brosch. Souvent, les auteurs de ces projets les ont inventés simplement pour le plaisir. S’ils espéraient tout de même que leurs œuvres seraient acceptées du grand public, ils ne tardèrent pas à constater qu'il est difficile de trouver ne serait-ce qu'un seul autre locuteur de la nouvelle langue.

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  • 2.1. Les débuts
  • 2.1.2. Langues formées à partir des langues existantes
  • 2.2. Lespéranto
  • 2.3. Projets plus récents

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