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Traduction-adaptation française de l'original en espéranto d'Ulrich Matthias

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Dato08.07.2017
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1.2. Introduction


Sebranice est un petit village de République tchèque situé à cent cinquante kilomètres environ à l’est de Prague. Dans la vallée, sous sa petite église, se trouve un campement. Des jeunes de cinq à dix pays s’y retrouvent tous les étés. Ils prient ensemble, ils discutent ensemble, ils chantent ensemble. Quelqu’un, qui, d’aventure, passerait par là, croirait qu’on y parle espagnol, italien ou latin. Erreur ! Ces jeunes parlent en espéranto.

"Patro nia, kiu estas en la cxielo sanktigata estu via nomo…" C’est ainsi qu’on y prie le Notre Père Il ressemble au latin : “Pater noster, qui es in caelis, sanctificetur nomen tuum.” Ces deux langues sont neutres. Et ces deux langues ont d’autres avantages. Le latin est l’ancien espéranto de l’Église. Il s’appuie sur 2000 ans d’histoire. Il fut la langue des Pères de l’Église et conserva longtemps son rôle central de moyen de communication entre érudits européens. En raison de l’abondance de textes originaux en latin, cette langue jouera toujours un rôle important dans la théologie. Le théologien allemand Karl Rahner soulignait en 1962 dans son traité sur le latin comme langue de l’Église9 que :

≪L’enseignement théologique nécessaire à un prêtre n’est pas imaginable sans la connaissance du latin.≫

Cette exigence n’était pas nouvelle. On sait que celui qui devait devenir le Saint Curé d’Ars, le jeune Jean Marie Baptiste Vianney, faillit bien ne pas pouvoir accéder au sacerdoce parce qu’il éprouvait des difficultés, pour lui quasiment insurmontables, à s’initier à cette langue. Malgré son obstination héroïque, ses résultats ne furent jamais merveilleux. Mais cela ne l’empêcha pas de devenir le saint patron de tous les curés de l’Église catholique. Quel propos pourrait d'ailleurs mieux expliciter la raison d’être de l’espéranto que cette phrase prononcée par lui et affichée sur un modeste bout de bois verni dans la cure où il vécut : ≪La parole humaine est chargée d’unir≫ ?

Pour autant, le but du présent opuscule n’est pas de contredire la thèse de la nécessité du latin pour les ecclésiastiques, même si elle est déjà largement dépassée par les faits, puisque, le latin n’étant plus qu’une option facultative dans de nombreux séminaires, quelques jeunes prêtres, et même déjà quelques jeunes évêques, n’ont jamais étudié le latin.

Ce sont les problèmes linguistiques actuels qui sont au centre de nos préoccupations. Et nous estimons que, sous cet angle, les avantages de l’espéranto méritent quelque attention. Le latin a perdu le rôle important qu’il a joué autrefois dans la communication internationale. La première raison de cette désaffection est sa difficulté. Lingua latina difficilis non est "le latin n’est pas difficile”, affirme la première leçon du Latin sans peine de l’excellente méthode Assimil. Pourtant ceux qui l’ont appris, et à plus forte raison enseigné, ont souvent fait l'expérience contraire. Il en va d’ailleurs de même pour l’anglais. Même au bout de quatre ou cinq ans d’étude, la plupart des étudiants ont de la peine à comprendre les œuvres de César ou de Cicéron dans le texte original. Il est difficile d’assimiler les nombreuses formes des diverses déclinaisons et conjugaisons et, d’un point de vue pédagogique, ce n’est pas forcément intéressant. Saisir la fonction d’un mot dans une phrase latine n’est pas chose simple étant donné qu'il existe plusieurs déclinaisons et qu'au sein d'une même déclinaison divers cas peuvent avoir des terminaisons identiques. La seule déclinaison ne suffit donc pas à déterminer la fonction d'un mot dans la phrase. Et le vocabulaire trop riche de cette langue en rend la maîtrise peu accessible à l’individu moyen.

L’espéranto se révèle supérieur au latin à tous ces points de vue, de par la rigueur de sa construction. C’est une langue où tout a été recherché pour obtenir la meilleure précision avec les moyens les plus simples et le moins grand nombre d'exigences possibles, ces exigences étant dès lors strictes et systématiques. Bien que le présent ouvrage n'ait aucune prétention à remplacer une grammaire, nous en évoquerons un peu plus en détail les avantages principaux à cet égard au paragraphe 6.4.

Revenons à notre campement en République tchèque. Quatre-vingts jeunes chrétiens de République tchèque, Slovaquie, Pologne, Hongrie, Allemagne et Lituanie passant une semaine ensemble ont bien des choses à se dire pour peu qu’ils puissent se comprendre. Ils apportent leurs expériences de différents milieux et peuvent discuter de leur avenir commun dans un monde où les économies des divers pays tendent de plus en plus à s’intégrer.

Certains viennent de familles profondément religieuses, ce qui leur a valu toutes sortes de difficultés pendant l’époque communiste. D’autres viennent de milieux athées, mais un jour dans leur vie ils ont senti un intérêt pour des questions religieuses, pour la personne de Jésus ou pour la manière chrétienne de vivre. Le camp les enrichit par des expériences d'un nouveau monde de foi et de confiance.

La plupart des jeunes d’Europe centrale et orientale ont étudié l’allemand ou l’anglais à l’école pendant cinq ans, parfois avec un certain succès, mais dans bien des cas le résultat de cet effort reste très modeste. Comment sont-ils venus à l’espéranto ? Certains en ont entendu parler par des amis ou des parents ou par le prêtre de leur paroisse ; d’autres ont lu dans une revue ou un journal chrétien un article sur cette langue et se sont inscrits à un cours par correspondance. Pour quelques-uns, six mois ont suffi pour que l’espéranto devienne leur meilleure langue étrangère. La question se pose donc de savoir s’il serait souhaitable d’enseigner l’espéranto à l’école.

Miloslav Šváček, longtemps président de la section tchèque de l'IKUE (c) insiste sur le fait qu’il vaut la peine d’organiser tous les étés des camps dont la langue soit l’espéranto :

≪Des jeunes de différents pays passent la semaine là-bas dans une atmosphère chrétienne ; ils prient ensemble et font connaissance. C’est déjà très satisfaisant.≫

Mais il reste une vision fascinante : qu’un jour les croyants du monde entier puissent se comprendre sans problème et se sentir vraiment comme une communauté en Jésus-Christ. Si l’Église avançait d’un pas décidé vers l’espéranto, cela aurait aussi pour effet de montrer à l’ensemble de l’humanité qu’il n’y a rien de difficile à assurer la communication entre personnes des pays les plus divers sur une base linguistiquement neutre.

Le présent opuscule vise à donner aux prêtres et aux laïcs les éléments d’information nécessaires pour leur permettre de juger si ce pas est désirable.

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