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Traduction-adaptation française de l'original en espéranto d'Ulrich Matthias

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Teksto de 24.01.2005


L’espéranto

Un nouveau latin

pour l’Église

et pour l’humanité

Traduction-adaptation française de l'original en espéranto

d'Ulrich Matthias



Travail collectif de Michèle Abada-Simon, Jean Amouroux, Philippe Cousson, Christian Lavarenne, Mireille Le Buhan, François Simonnet

Coordination : Michel Arlès

Relecture finale : Claude Piron


En couverture :


Quelques espérantistes sur la place St Pierre de Rome le jour de Pâques 2004

****

"La parole humaine est chargée d'unir"
(Curé d'Ars, patron des curés du monde)
( F K E A )

*


Note liminaire importante:

Souhaitant la plus grande lisibilité possible nous avons explicité tous les sigles et abrévia­tions et traduit les très nombreuses expressions en langues étrangères, y compris, à leur première mention, les titres d'ouvrages, de revues et d'articles de ces revues. La première occurrence d'une abréviation ou expression étrangère, y compris en espéranto, dans le corps du texte, est, selon le cas, explicitée ou traduite aussitôt entre guillemets "…". Dans le cas d'une expression répétitive, un chiffre romain en petits caractères, en exposant et entre parenthèses apparaît également dès la première occurrence. C'est un renvoi aux notes de fin d'ouvrage, chapitre 10 "Abré­viations lexique…". À titre de rappel quelques occurrences suivantes sont renvoyées aux mêmes notes au moyen de lettres minuscules présentes sous la même forme.

1. Avant-propos

1.1. Préface du Père1 György-Miklos Jakubinyi, Archevêque d’Alba Iulia, Roumanie (ann. 2 b fiche 74)2


Je ressens toujours de la nostalgie quand on parle du latin. Dans mon enfance, malgré les difficultés dues au régime communiste, j’ai été enfant de chœur pendant dix ans. Nous apprenions les prières latines -- les réponses des enfants de chœur, que je trouvais belles -- et nous les récitions par cœur sans connaître la langue. Et pourtant nos formateurs veillaient à ce que nous ayons une idée de ce qu’elles signifiaient. L’arrivée des langues nationales dans la liturgie du rite latin effaça ces difficultés.

Reste cependant la compréhension internationale. Déjà avant Vatican II, on me disait souvent qu’un catholique se sentait chez lui dans le monde entier, parce que la liturgie était partout dans la même langue... Allez en Chine et, là aussi, vous comprendrez la liturgie parce qu’elle est célébrée en latin, me disait-on. D’où l’histoire des deux Hongrois de Transylvanie qui, à l’étranger, vont le dimanche à l’église. Quand ils entendent la messe en latin, l’un des deux chuchote à son voisin : “Tiens ! Ici aussi on parle hongrois ! ” Bien entendu, on ne peut pas cacher le grave problème qui se dissimule derrière de telles anecdotes. Combien étaient-ils de catholiques qui pouvaient bénéficier de l’unité de la liturgie latine ? Combien étaient-ils de catholiques qui pouvaient aller à l’étranger comme touristes ou travailleurs ? C’est pourquoi le Concile Vatican II décida d’introduire, pour ceux qui restent chez eux (ce sont les plus nombreux), la liturgie en langue maternelle.

Le concile n’admit les langues maternelles dans la liturgie que pour favoriser la compréhension:

≪L’usage de la langue latine doit être conservé dans le rite latin si cela ne présente aucun inconvénient. Mais dans les cas fréquents où l’usage de la langue maternelle est utile au peuple, qu’il s’agisse de la messe, des sacrements et d’autres domaines de la liturgie, il est permis de lui attribuer une plus grande place, notamment dans les lectures et les sermons, dans quelques paroles et chants selon les règles définies dans les chapitres suivants.≫3

Dans la pratique il en alla tout autrement : les langues maternelles remplacèrent complètement le latin. Je suis moi-même un latiniste enthousiaste, pas seulement en raison de ma formation de prêtre romain, c’est à dire de rite latin, mais aussi en ma qualité d’homme “formé aux humanités” qui a déjà enseigné le latin dans un petit séminaire. Ce serait très beau si tout le monde comprenait le latin ! On trouve parfois des guides de voyages ou des livres de conversation en latin avec de belles tournures de phrases : Apud tonsorem, "chez le coiffeur", etc.4 Mais où, dans quel pays un coiffeur comprend-il le latin ? Quand on ouvre l'annuaire allemand Fischer Weltalmanach 2000 "annuaire mondial Fischer 2000", on peut constater que, dans le monde entier, il n’existe qu’un seul État où le latin soit langue officielle, c’est Status Civitatis Vaticanae ou Stato Città del Vaticano, "l’État de la Cité du Vatican". D’après d’autres sources, la Reppublica di San Marino ou Res Publica Sancti Marini, "République de Saint-Marin" a également le latin comme deuxième langue officielle. La différence entre les deux est qu’au Vatican, le latin est la première langue officielle et l’italien, la deuxième, tandis qu’à Saint-Marin, c’est l’inverse. Pourtant, il en va autrement dans la pratique, car il est vain de s’adresser en latin au boucher du Vatican, cité où on ne parle qu’italien. Le latin y a bien une place d’honneur, mais pas dans la vie quotidienne. Il en est de même pour l’Église. Le latin était la langue officielle jusqu’au Concile Vatican II et il l’est encore. Mais, en raison de l’introduction des langues maternelles dans la liturgie, le latin a été évincé. Pourquoi apprendre encore le latin s’il régresse dans la réalité ecclésiale ? La liturgie était le principal domaine où il se pratiquait. En 1970, les universités pontificales de Rome ont introduit l’italien partout. Bien entendu, elles ont laissé une place honorifique au latin, mais les élèves qui ont eu le choix ont généralement opté pour l’italien. Quand, en 1970, je suis arrivé à Rome pour des études bibliques supérieures, les professeurs ont demandé aux élèves s’ils voulaient continuer à utiliser le latin. Ce fut un refus unanime. Quelques professeurs – surtout non Italiens – n’en ont pas moins continué à utiliser le latin dans leur enseignement, car c’était possible. Si le nombre de leurs étudiants ne diminua pas, c’est qu’ils étaient renommés.

Les universités pontificales doivent accepter les travaux des étudiants en six langues : latin, italien, anglais, français, espagnol, et allemand. Dans les épreuves orales, l’examinateur doit accepter le latin et l’italien, éventuellement d’autres langues qu’il indique lui-même. C’est ainsi que j'ai pu passer un examen dans ma langue maternelle, le hongrois.

L’Église catholique mit fin à “l’époque latine” par l’introduction des langues maternelles dans la liturgie. Le bon Pape Jean XXIII soutenait d’un côté l’usage de la langue maternelle, de l’autre le maintien du latin. Bien entendu, cela ne fonctionna pas. Le futur Pape Paul VI, alors vice-secrétaire, créa la fondation pour le latin qu’il porta au rang d’institution pontificale sous le nom d’Opus fundatum “Latinitas” "Latinité, travail de base" par la lettre Romani sermonis "De la langue romaine" du 30 juin 1976. Selon les informations de l’Annuario Pontificio 2000 "Annuaire Pontifical 2000", p. 2029, la fondation a pour tâche de promouvoir l’étude du latin classique et du latin d’Église, mais aussi du latin littéraire et du latin médiéval, ainsi que de soutenir l’utilisation du latin principalement dans les sphères de la littérature ecclésiale. Le Pape décerne lui-même tous les ans un prix appelé Certamen Vaticanum "concours Vatican"5 pour le meilleur ouvrage en langue latine de n’importe quelle catégorie (littérature, science etc.). Le latiniste du Pape est le Père abbé augustin (CRSA) (i) du Sud-Tyrol, Carlo Egger, qui, dans ses manuels, utilise une nouvelle méthode, fondée sur l’idée qu’il faut enseigner le latin comme une langue vivante, et non comme une langue morte. La fondation édite également une revue, Latinitas (ii), "Latinité" dans ce but. Voici une citation extraite de sa méthode d’apprentissage et décrivant une situation actuelle :

≪Cum, die XIII mensis Decembris anno MDCCCCLXXXIII, in placida sede domestica mea, poculum cervisiae absorbans et fistulam nicotianam sugens, televisificum instrumentum aspicerem, rem, quam alii forsitan flocci faciant, me nonnihil commovit. (Alors que, le 13 décembre 1983, j’étais assis devant la télévision dans ma maison tranquille, en buvant un verre de bière et en fumant un cigare, quelque chose, qui aurait semblé n’être rien aux yeux des autres, me troubla sensiblement.)≫

Le Père Egger crée pour le Saint Siège et pour ses publications officielles par exemple les Acta Apostolicae Sedis "Actes du Siège Apostolique" de nouveaux mots et de nouvelles expressions en latin. Il a même publié un Lexicon recentis Latinitatis6 "dictionnaire du latin moderne"7.

Pourtant, ce n’est pas satisfaisant. Au Vatican, on parle italien partout. Les vingt et un dicastères (c’est à dire l'équivalent de ministères) du Vatican acceptent tous les documents dans les six langues précitées. Mais, si l’on souhaite qu’un document soit traité rapidement, on a intérêt à le présenter en italien, parce que si tous les titulaires de fonctions du Vatican parlent italien, les autres langues y sont moins répandues.

En ma qualité d’évêque, j’ai moi-même, plaidé à deux reprises en faveur de l’espéranto à la place du latin lors de synodes romains. C’était lors de deux synodes extraordinaires sur l’Europe, le 29 novembre 1991 et le 4 octobre 1999, auxquels assistait le Saint-Père. Je constatai que les Pères du synode ne parlaient plus le latin, alors qu’au premier synode, en 1967, le latin était encore presque toujours la langue commune. Quand je parlai pour la première fois de l’espéranto comme nouveau latin de l'Église, mes propos furent accueillis par des sourires et des objections. Je vécus la même expérience huit ans plus tard. On ne connaît pas du tout l’espéranto. Je mentionnai, mais en vain, qu’un peu d’antisémitisme se cachait peut-être sous cette attitude, car l’espéranto est au départ l’œuvre d’un juif polonais. Cette phrase a le plus souvent été supprimée de mes propos quand on les a cités. Pendant la pause, quelques confrères m’ont demandé s’il ne s’agissait pas tout simplement d’une plaisanterie. Ayant bien compris que leur intention n’était pas dépourvue de sous-entendu, je leur répondis sous la même forme : “J’ai constaté qu’au synode, on ne peut éveiller l’attention que si l’on dit quelque chose de sensationnel. C’est pourquoi j’ai parlé de l’espéranto.”

Par ces deux interventions à propos de l’espéranto, j’ai, en fait, voulu combattre un certain impérialisme linguistique. Un théologien indien écrit : “Si l’on rédige dans la langue maternelle, on ne sera lu que par quelques experts. On n’arrivera pas à intéresser les étrangers. Si un théologien, même peu connu, écrit en anglais, tout le monde le lit, on le cite et il se fait une place dans la littérature spécialisée.” Les grandes langues mondiales se battent pour l’hégémonie ou au moins pour le règne simultané de plusieurs langues sur le monde. Les Nations Unies connaissent la même tragédie linguistique, avec leurs trop nombreuses langues officielles. Mais faire jouer à une langue nationale le rôle de langue mondiale, c’est, qu’on le veuille ou non, imposer la mentalité et la culture d’un peuple. Si l’anglais est aujourd’hui la langue de la communication, ce n’est pas en raison de la culture anglaise, mais du dollar américain. Un peu de marxisme explique aussi tout cela en linguistique.

Comme le latin n'est plus pratiqué dans l’Église, je me suis dit : pourquoi ne pas choisir une langue internationale et neutre : l'espéranto ? Tout serait alors plus simple, et moins dispendieux dans les relations internationales de l’Église. Bien entendu, je pense que l’espéranto doit être utilisé comme langue auxiliaire, réservée aux relations internationales, chacun gardant chez soi sa langue maternelle. Si l’Église acceptait cette solution, déjà proposée depuis longtemps, il n’y aurait plus de problème linguistique dans l’Église catholique au niveau international.

Certains signes attestent déjà que l’Église est prête à accepter l’espéranto. Je n’en mentionnerai que quelques-uns : les émissions radiophoniques de Radio Vatican, l’approbation des textes liturgiques en espéranto, les salutations du Saint-Père dans cette langue à Pâques et à Noël, la reconnaissance de l’Internacia Katolika Unuigxo Esperantista (IKUE) (iii), "Union Internationale des espérantistes catholiques" par le Conseil Pontifical pour les Laïcs… etc.

Le livre d’Ulrich Matthias que vous tenez entre les mains8 présente les avantages de l’espéranto et les services qu’il pourrait rendre à l’Église. J’espère que ses traductions dans les diverses langues nationales contribueront à faire découvrir à un nombre croissant d’êtres humains la valeur et l’utilité de l’espéranto pour la compréhension internationale.

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